Mémoire de l'esclavage au Parlement

La délégation parlementaire Outre-mer conduisait mercredi 14 mars une rencontre importante autour de la question de la mémoire et de l’Histoire de l’esclavage. Un sujet qui englobe notamment la problématique raciale en France hexagonale et sur lequel des personnalités associatives, engagées dans ces combats depuis de nombreuses années, étaient invitées à intervenir. Un échange qui interpellait l’Etat sur son devoir d’accompagnement des actions en faveur de la reconnaissance de cette histoire.

Olivier Serva conduisait ce mercredi soir une audition sur la question des mémoires et de l’histoire de l’esclavage . Une problématique toujours d’actualité et extrêmement complexe sur laquelle il auditionnait le , représenté par le Docteur Emmanuel Gordien, maître de conférence des universités - praticien hospitalier Virologue, président du CM98, spécialiste des questions de généalogie de descendants d'esclaves; le Professeur Serge Romana, généticien, président de la Fondation Esclavage et Réconciliation (FER), ainsi que Frédéric Régent, maître de conférence en histoire à l’université Paris 1 Panthéon Sorbonne, habilité à diriger des recherches, président du Comité national pour la mémoire et l'histoire de l'esclavage (CNMHE); Louis-Georges Tin, président du  et Claude Ribbe, écrivain, historien, philosophe et président de l’.

A l’occasion des 20 ans de la , il était question des mémoires de l’esclavage et de l’implication encore timide de l’Etat dans l’avancement de la résolution de ces problématiques. Etat qui pourtant, comme l’a rappelé le docteur Gordien, « a aujourd’hui le système le plus élaboré sur les questions d’abolition de l’esclavage. » En deux décennies de lutte sur le terrain, le CM98 a enclenché plusieurs actions concrètes dont l’intégration dans le calendrier national d’une journée dédiée à ces victimes de l’esclavage, le 23 mai. Une démarche de «réhabilitation de l’humain », comme l’a rappelé son ancien président, de laquelle est également née la plateforme Anchoukaj, qui a permis à plusieurs familles Antillaises de reconstituer leur arbre généalogique, actes notariés à l’appui. Forts de leur expérience, ils affirment aujourd’hui que ce travail « apaise le ressentiment ». Un ressentiment à l’égard des anciens esclavagistes et de leurs héritiers que l’association a pourtant réussi à rassembler au sein de la dont Serge Romana est le président. Ils défendent aujourd’hui le projet de l’érection d’une stèle, gravée des noms des esclaves, au jardin des Tuileries. L’occasion de faire entendre la nécessité pour les institutions de s’engager réellement sur le sujet.

Cette rencontre traite de sujets tels que:

  • La question des mémoires noires dans l’espace français
  • Déni et négrophobie

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