Deuxième conférence sur les réparations (organisée par le Caricom à Antigua et Barbuda)

Les 14 et 15 octobre 2014, le Mouvement international pour la réparation, présidé par Garcin Malsa, a participé à la deuxième conférence sur les réparations de la Caricom (Caribbean Community ou communauté caribéenne) à Antigua et Barbuda. "Le comité national de la réparation (CNR) de la Martinique, ainsi que celui de la Guadeloupe, a été invité par nos amis du Caricom a partagé avec eux sur cette question centrale" affirmait Garcin Malsa.

Cette conférence visait à permettre aux anglophones et francophones de la Caraïbe de comparer les conséquences sociales et comportementales de l'esclavage sur les populations. « Lorsque l'on a déshumanisé, le traumatisme ne s'efface par une loi. C'est cela qui justifie la réparation » explique le président du MIR. À l'appui de ces données post-traumatiques, le Caricom a voulu connaître l'avancée du dossier menée par Garcin Malsa et ses amis.
 
La question juridique de la réparation que le MIR a mentionné a intéressé ses hôtes: comment définir la réparation et comment porter la demande en justice? Deux questions que Maryse Duhamel, avocate du MIR a détaillé: « il faut savoir que nous sommes en réalité toujours sous le régime du code noir, puisque le statut d'affranchi n'a toujours pas été aboli. L'esclavage a été aboli, certes, mais pas le statut d'affranchi ». C'est cela, selon elle et le MIR, qui explique alors que l'humanisation des populations africaines et de descendance africaine n'est pas reconnue par les autres populations, notamment les Européens: « ils ne nous reconnaissent pas comme des humains ».
 
Reste la question de la réparation: « l'arrêt du tribunal de grande instance de Fort-de-France, en date du 29 avril de cette année, a beaucoup intéressé nos frères et soeurs du Caricom, car le tribunal a reconnu la permanence du préjudice subi par les descendants d'esclaves. Un préjudice qui, selon les juges, est par conséquent irréparable ». Cet arrêt ne sonne pas pour autant la fin des plaintes pour réparation: « la plainte déposée en juillet 2005 et le tribunal se prononçant en avril 2014, c'est que la plainte est recevable » affirme-elle.
 
Pour autant, le MIR entend poursuivre son combat pour la réparation: « Elle est consubstantielle à la question de la décolonisation. C'est d'abord et avant tout une question de respect de la personne humaine » conclue Garcin Malsa.
 
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